Le pape Benoît XVI saluant la foule des pèlerins, 2009. Sergey Gabdurakhmanov, CC BY 2.0 <, via Wikimedia Commons.
Dans son encyclique Spe Salvi du 30 novembre 2007, le pape Benoît XVI, prenant comme référence la Lettre de saint Paul aux Romains, « spe salvi facti sumus » (dans l'espérance nous avons été sauvés) (chapitre VIII verset 24), nous offre une réflexion sur le thème de l’espérance. Cette encyclique est la deuxième d’une d'une trilogie d'encycliques consacrée aux trois vertus théologales que sont la Foi, l’Espérance et la Charité. Le pape Benoît XVI y développe l’idée d’une espérance communautaire, nécessitant d’orienter le progrès dans le sens d’un bien commun, ainsi qu’une réflexion sur l’amour, qui conduit à définir le terme d’« espérance ».
« L'espérance du salut est une espérance communautaire : la Lettre aux Hébreux parle d'une « cité » (cf. 11, 10.16; 12, 22; 13, 14) et donc d'un salut communautaire. De même, saint Augustin commence la lettre à Proba (sur la vie éternelle) en commentant le Psaume 144 [143], 15: « Bienheureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu ». Cependant, saint Bernard dit explicitement que pas même le monastère ne peut rétablir le Paradis; il soutient cependant qu'il doit, étant comme lieu de défrichage pratique et spirituel, préparer le nouveau Paradis[1]. »
« En particulier, à l'époque moderne, l'humanité a beaucoup espéré du progrès politique et scientifique. Mais il faut distinguer ce en quoi nous pouvons espérer. S'il y avait des structures qui fixeraient de manière irrévocable une condition déterminée - bonne - du monde, la liberté de l'homme serait niée, et, pour cette raison, ce ne serait en définitive nullement des structures bonnes.
La conséquence de ce qui a été dit est que la recherche pénible et toujours nouvelle d'ordonnancements droits pour les choses humaines est le devoir de chaque génération; ce n'est jamais un devoir simplement accompli."
"La science peut contribuer beaucoup à l'humanisation du monde et de l'humanité. Cependant, elle peut aussi détruire l'homme et le monde si elle n'est pas orientée par des forces qui se trouvent hors d'elle."[2]
"Ce n'est pas la science qui rachète l'homme. L'homme est racheté par l'amour.
Cela vaut déjà dans le domaine purement humain. Lorsque quelqu'un, dans sa vie, fait l'expérience d'un grand amour, il s'agit d'un moment de « rédemption » qui donne un sens nouveau à sa vie. Mais, très rapidement, il se rendra compte que l'amour qui lui a été donné ne résout pas, par lui seul, le problème de sa vie. Il s'agit d'un amour qui demeure fragile. Il peut être détruit par la mort."[3]
"L'être humain a besoin de l'amour inconditionnel. Il a besoin de la certitude qui lui fait dire: « Ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ » (Rm 8, 38-39). Si cet amour absolu existe, avec une certitude absolue, alors - et seulement alors - l'homme est « racheté », quel que soit ce qui lui arrive dans un cas particulier."[4]
"En ce sens, il est vrai que celui qui ne connaît pas Dieu, tout en pouvant avoir de multiples espérances, est dans le fond sans espérance, sans la grande espérance qui soutient toute l'existence (cf. Ep 2, 12). La vraie, la grande espérance de l'homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce ne peut être que Dieu - le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime toujours jusqu'au bout, jusqu'à ce que tout soit accompli (cf. Jn 13, 1 et 19, 30)."[5]
« Marie, Mère de Dieu, notre Mère, enseigne-nous à croire, à espérer et à aimer avec toi. Indique-nous le chemin vers son règne!
Étoile de la mer, brille sur nous et conduis-nous sur notre route! [6]»
source :
-pape Benoît XVI, Extraits de l'encyclique Spe salvi, 2007.
[1] Benoît XVI, Spe salvi § 14-15
[2] Benoît XVI, Spe salvi § 24-25
[3] Benoît XVI, Spe salvi § 26
[4] Benoît XVI, Spe salvi § 26
[5] Benoît XVI, Spe salvi § 27
[6] Benoît XVI, Spe salvi § 50
-sur l’espérance, dans l’Encyclopédie mariale
-sur la vie sociale, dans l’Encyclopédie mariale
F. Breynaert et l’équipe de MDN.